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 Shohei ImamuraVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Umi kara no hikari



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MessageSujet: Shohei Imamura   Dim 10 Sep 2006 - 0:01

"L'anguille."

Titre original: "Aka unagi"
1997
117 minutes

Présentation officielle au dos de la jaquette:
Citation:
"Takuro Yamashita, après huit ans passés en prison pour le meutre de sa femme adultère, est mis en liberté conditionnelle sous la responsabilité d'un bonze.
Il ouvre un salon de coiffure dans la banlieue de Tokyo mais reste obstinément mutique, ne se livrant qu'à l'anguille qu'il a apprivoisé durant sa captivité.
Keiko, une jeune femme qu'il sauve du suicide, devient son assistante et égaie bientôt le salon et la vie tranquille du solitaire Takuro."

Un film à réserver aux amateurs de cinéma d'auteur.
Vous l'avez compris ça n'est pas le suspense qui va vous scotcher au canapé, l'intérêt est ailleurs.
Les comportements non-verbaux, les dialogues et une réflexion sur le thème de la violence (récurente dans l'ensemble des oeuvres de Shohei Inamura) sont les atraits principaux de ce film.
Choisir une fonction autre que le sous-titrage est un sacrilège, d'autant plus ici.
Une gestion minimaliste des ingrédients cinématographiques donne l'aspect du quotidien et apporte une grande crédibilité et beaucoup de sincérité au film.
Je n'ai jamais mis un pied au Japon mais je mettrai ma main au feu que c'est une description scrupuleuse d'une tranche de vie japonaise.
C'est grâce à de petits détails qu'on observe l'évolution des sentiments d'un rapprochement à la base très improbable.
Les petits détails, c'est ce qui me plait à chaque fois que je le vois.
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Toshiro



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MessageSujet: Re: Shohei Imamura   Jeu 28 Déc 2006 - 9:37

Umi je commence a vraiment aimer tes sujets Razz

Je me ferai une joie d'en parler avec toi! "l'Anguille" est vraiment extraordinaire c'est vrai! mais il peut etre déroutant pour les "non-initiés"...

au passage je conseil "La Ballade de Narayama" remake d'un film du meme nom des années 30 si ma mémoire est bonne...

Imamura signe un bijou tourné entierement en décors et lumière naturelle (très rare ca! si on enlève le "Barry Lyndon" de Kubrick). Par contre il peut legerement choquer car il est assez cru..mais d'une poesie infinie évidemment...si cela vous interesse, un mot de vous et je m'étend! (sur le sujet s'entend!) lol!
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Umi kara no hikari



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MessageSujet: La ballade de Narayama   Mer 9 Mai 2007 - 15:00

"La ballade de Narayama"

Titre original: " Narayama bushikô (楢山節考)"

Remake d'un film de Keisuke Kinoshita, sorti en 1958.
Scénario de Shôhei Imamura, d'après des nouvelles de Shichirô Fukazawa.

1981
154min

Présentation officielle au dos de la jaquette:

Citation:
"Il existe dans ce petit village du Japon une règle cruelle: pour libérer la place, les vieillards doivent partir finir leur vie sur la montagne de Narayama.
Orin, la grand-mère, a encore de bonnes dents et travaille dur avec son fils, veuf et père de trois enfants.
Elle doit lui trouver une femme avant d'entreprendre son voyage au pays des morts.

Au-delà de la chronique d'un village japonais du XIX siècle, ce chef-d'oeuvre d' Imamura échappe à toutes les conventions.
Ici, l'homme n'est pas au centre de la nature, il en fait partie intégrante.
Ainsi, les éléments, les animaux et les villageois coexistent pour former un même "tout".
Les petites choses sont aussi importantes que les grandes.
Les insectes ou les serpents sont aussi dignes d'attention que leurs voisins les hommes.
Grâce à cette vision quasi chamanique du monde, le maitre japonais ne tire jamais son récit vers le mélodrame mais vers une forme d'objectivité lyrique.
C'est l'énergie de la vie même qui prend corps.
Une vie tantôt cruelle ou joyeuse, une vie où le sexe, l'amour et la mort restent indissociables.
Palme d'or au festival de Cannes en 1983, la ballade de Narayama est une magnifique preuve de la liberté du génie.



J'ai très souvent le sentiment que les adaptations de scénario historique sont fades et douceureuses en compraraison à ce que devait être la vie réelle des personnages que ces films prétendent représenter.
Rien de tout cela ici, la volonté de réalisme se ressent pleinement.
(les costumes ne semblent pas repassés à la vapeur ni fraichement sortis du pressing, par exemple ...)
Les images sont crues, comme le message, très triviales.
Mais c'est justement ce qui donne sa force au film, rester fidèle aux préoccupations, aux frustrations et aux relations qui se nouent entre les habitants de ce que j'aurais beaucoup de peine à appeler "village", c'est tout au plus un hameau.
Peut-on faire un grand film en décrivant la vie de petites-gens ?
Assurément oui.
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William J
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MessageSujet: Re: Shohei Imamura   Mer 9 Mai 2007 - 20:23

Remarquons toutefois que pour faire son scenario, Imamura s'est fortement inspire d'un conte oral dont on ne peut ignorer qu'il est peut-etre exagere ou fortement imaginaire. D'ailleurs, ce qui est decrit dans le film - la "mise a la casse" des personnes agees - est loin d'avoir ete une pratique coutumiere dans le Japon pre-moderne. La mise a mort des enfants "sur-numeraires" etait de ce point de vue, bien plus frequente que l'abattage des "anciens", mieux lotis dans la hierarchie morale confuceenne que les descendants.

Cette precision n'enleve rien a la qualite technique du chef-d'oeuvre d'Imamura ni au cote poignant de ce qui y est raconte, mais il serait fautif de le prendre comme source historique d'information sur la facon generale de vivre du Japon d'avant l'Epoque Meiji.
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